Publié le 15 Novembre 2013

Jardiner avec les mycorhizes

Sous terre, à l'abri de nos regards, se nouent des relations entre végétaux et micro-organismes, des processus naturels le plus souvent inconnus des jardiniers. Parmi les différents mécanismes biologiques du sol : il faut tenir compte des mycorhizes.

  • L'histoire d'une relation symbiotique

Les mycorhizes sont des champignons qui ont co-évolué avec les plantes depuis + de 500 millions d'années. De cette co-évolution est née une association à double sens : ils sont dépendants l'un de l'autre. Les plantes, seules capables de photosynthèse, apportent des sucres nécessaires aux mycorhizes, en échange de quoi ceux-ci leur mettent à disposition des éléments nutritifs indispensables. Cette symbiose paraît simple : "je te nourris, tu me nourris", en réalité elle est encore plus avantageuse pour les plantes.

Il existe plusieurs familles de mycorhizes, parmi lesquelles nous connaissons bien les cèpes, les truffes etc. Mais au jardin, c'est la famille des endomycorhizes qui nous intéresse particulièrement.

Cette catégorie de champignon s'associe aux végétaux sous forme de filaments présents dans le sol et à l'intérieur même des racines. Et la plupart des plantes potagères, aromatiques, ornementales et arbres fruitiers mycorhizent.

Précisément en quoi consiste cette relation symbiotique ?

D'abord, la présence de nombreux filaments mycéliens augmente les surfaces de contact des racines avec le sol et par conséquence accroît leur capacité à extraire les éléments nutritifs. Les mycorhizes aident donc la plante à capter les ressources du sol pour une meilleure absorption de l'eau et des minéraux (particulièrement le phosphore et l'azote). Les mycorhizes, qui ont la faculté d'aller s'étendre d'une plante à l'autre, facilitent aussi les échanges entre les plantes elles-mêmes (notamment les échanges d'eau). Plus encore, ils les protègent d'un certain nombre d'agressions (ex. certaines maladies fongiques)

Clairement, cette association présente pour le jardinier l'avantage d'avoir des plantes en pleine forme ! meilleure qualité nutritive, meilleure croissance, meilleure résistance à la sécheresse

  • Préserver les mycorhizes pour un sol fertile

Avoir une approche agro-écologique permet au jardinier de bénéficier des avantages de cette symbiose. Pour cela, il convient d'éviter de les détruire et maintenir un sol vivant.

Comme beaucoup de micro-organismes présents dans le sol, les mycorhizes ne supportent pas les pesticides et fongicides (même la bouillie bordelaise), ni les abus de fertilisation azotée ou phosphatée. Un travail du sol respectueux et qui ne bouleverse pas les interrelations plantes/champignons est plutôt pour leur convenir. Maintenir la plus grande biodiversité cultivée possible (y compris en tolérant la présence d'adventices) sera bénéfique car quelques plantes comme celles appartenant aux familles botaniques des Chénopodiaciées et Brassicacées n'attirent pas les mycorhizes, il faudra donc les associer à d'autres familles botaniques.

Voilà, vous connaissiez les vers de terre, sachez maintenant considérer les mycorhizes comme des auxiliaires et adoptez des techniques culturales qui préservent le potentiel micro-biologique du sol. Laissez vos plantes mychorhizer en paix !

Publié le 1 Novembre 2013

Le Plathelminthe menace les vers de terre

Il commence à défrayer la chronique depuis quelques mois et pour cause, le Plathelminthe, ce ver terrestre invasif originaire de l'hémisphère sud et probablement introduit via le commerce international, représente une réelle menace pour les lombrics européens.

Comme toute espèce nouvelle qui s'installe dans un écosystème dans lequel elle n'a ni prédateur, ni parasite, le Plathelminthe pourrait être à l'origine d'une catastrophe écologique.

Car, faut-il le rappeler, les vers de terre sont des acteurs écologiques indispensables à la vitalité et la fertilité du sol. Le brassage de la matière organique auquel ils participent activement permet l'enrichissement du sol en éléments assimilables par les plantes. De plus ils améliorent la structure du sol par leurs incessantes allées et venues.

Déjà fragilisés par le travail de labour systématisé et l'usage des produits chimiques, les voilà maintenant aux prises avec ce redoutable prédateur pour lequel ils n'ont aucune défense. En Angleterre, où les Plathelminthes sont présents depuis plusieurs années, les lombrics ont quasiment disparu. Outre leur rôle comme acteurs du sol, les vers de terre sont au coeur d'une chaîne alimentaire et leur disparition impacterait forcément d'autres espèces de l'écosystème.

Pour savoir reconnaître le Plathelminthe, allez visiter la page de Jean-Lou Justine : http://bit.ly/Plathelminthe

Ce professeur du Museum National d'Histoire Naturelle qui suit de près son implantation en France en appelle aux jardiniers que nous sommes pour les lui signaler afin de les répertorier (il en existe plusieurs espèces) et cartographier leur présence sur le territoire français. Si vous le rencontrez dans votre jardin ou dans des pots de fleurs, il convient de lui transmettre les infos et photos par mail : justine@mnhn.fr

Rédigé par emmanuelle