Publié le 28 Décembre 2013

En cette période de l'année, le jardinier commence à préparer et à planifier la saison à venir en consultant les catalogues pour acheter ses graines; c'est aussi le bon moment pour s'informer sur les semences paysannes.

Sont appelées semences paysannes, ou fermières, les semences sélectionnées et reproduites par les paysans dans leurs pratiques quotidiennes par des méthodes naturelles de sélection. Elles se différencient des semences industrielles, ou variétés commerciales "dites à hauts rendements", standardisées et non reproductibles. Les semences paysannes représentent un immense réservoir de diversité génétique, adaptable au terroir, aux variations climatiques, aux pratiques culturales... et participent à la biodiversité cultivée.

Semer, récolter, puis conserver une partie de la récolte pour ressemer l'année suivante, ce geste ancestral paraît aller de soi... et pourtant... la réglementation en vigueur encadrant la commercialisation (catalogue officiel) et la propriété industrielle (certificat d'obtention végétale, brevet sur les gènes etc.) menace ces droits fondamentaux des agriculteurs.

Pour qui souhaite se tenir informé et comprendre les enjeux, je recommande le site du collectif "Semons la biodiversité". Actif sur le terrain, ce collectif met en avant 10 mesures pour que vivent les semences paysannes :

  • la reconnaissance du rôle des agriculteurs et des jardiniers dans la préservation, la conservation et le renouvellement de la biodiversité cultivée
  • le droit des agriculteurs à conserver, ressemer et à échanger leurs semences
  • un assouplissement des normes d'enregistrement au catalogue officiel pour la commercialisation des semences.

A voir aussi, un petit film d'animation, 5 minutes de pédagogie sur cette problématique, proposé sur le site "Le droit de semer".

On est bien d'accord pour considérer que les graines sont vivantes, non ? alors d'après vous les congeler pour les conserver ou les conserver en les cultivant : est-ce vraiment la même chose ? N'y a-t-il pas qu'en terre qu'elles pourront co-évoluer avec leur environnement comme elles l'ont toujours fait depuis des millénaires.

Il est indispensable de garder les pieds sur terre et de comprendre qu'ici se dessine l'avenir du vivant et de notre alimentation accessoirement.

Le droit de semer

Publié le 4 Décembre 2013

Le voici le fameux ver blanc tant redouté : corps blanc, courbé, avec des poils roux, des pattes assez longues et une grosse tête. C'est la larve du hanneton.

Le cycle de vie du hanneton, de l'oeuf à l'adulte, dure de 2 à 3 ans selon les espèces. La larve vit dans le sol et se nourrit de toutes racines : des plantes sauvages et cultivées, vivaces et annuelles et également des arbres fruitiers. Et plus la larve est âgée, plus elle sera vorace. En hiver, elle s'enterre à 50/60 cm de profondeur, une fois devenue adulte elle sort de terre vers avril-mai. Le hanneton, reconnaissable à son vol lourd caractéristique des coléoptères, consomme alors des feuillages.

C'est en raison de la durée du développement larvaire que les hannetons reviennent tous les 3 ans dans une même région. Autrefois les hannetons étaient particulièrement craints car les années de pullulation les dégâts dans les cultures se révélaient catastrophiques. D'ailleurs, en interrogeant nos aînés beaucoup se souviendront des chasses organisées auxquelles ils participaient enfants. Au cours de ces "hannetonnages" plusieurs milliers de hannetons étaient ramassés !!

Mais aujourd'hui ...? ils sont beaucoup moins présents et tendent même à disparaître dans certaines régions. La forêt étant leur milieu naturel, ils sont encore visibles à proximité des espaces boisés. La peur du hanneton, héritée des anciens, n'a plus vraiment lieu d'être de nos jours.

Dans un écosystème dynamique, le hanneton a des prédateurs naturels comme la taupe ou le hérisson à l'état larvaire ou la chauve-souris qui se nourrit des adultes. Mieux vaut laisser agir ces auxiliaires naturels qui sont nos meilleurs alliés.

Et puis attention avant de paniquer si vous trouvez un ver blanc, sachez tout de même que 3 ou 4 larves par m2 ne posent pas de réel problème. Au-delà, il convient effectivement d'intervenir. Le mieux étant de travailler légèrement le sol, en binant, lorsqu'elles sortent de l'hivernage et remontent dans la couche supérieure du sol. Ramassez-les à la main et laissez-les pour les oiseaux ou les poules qui se régaleront.

Dernière chose, il faut savoir reconnaître les larves de hanneton et celles de cétoine, qu'il ne faut pas détruire. Pour les distinguer, mettez la larve sur le dos sur un support : si elle se déplace sur le dos aisément alors c'est une larve de cétoine, remettez-la où vous l'avez trouvée.

Qui a encore peur du hanneton ?