Publié le 19 Janvier 2016

Et si nous nous prenions à imaginer un monde où les abeilles, les oiseaux pourraient être représentés face aux fabricants de pesticides, les semences face à Monsanto, un monde où les arbres, les rivières, les sols, l'air, la biodiversité et les écosystèmes auraient enfin leur mot à dire face à l'inconséquence des hommes...

L'initiative End Ecocide on Earth, lancée en 2013, pour faire reconnaître la notion d'écocide et les droits de la Terre fait son chemin. Tant mieux car il y a urgence.

Je vous recommande d'écouter l'interview de Valérie Cabanes, porte-parole du mouvement, dans l'excellente émission "Terre à terre" à retrouver en podcast sur France Culture.

Rédigé par emmanuelle

Publié dans #le poing levé

Publié le 3 Janvier 2016

Le rouge-gorge, compagnon du jardinier

Tiens, te revoilà toi ! Tu viens me rendre visite au jardin comme chaque année à l'approche de l'hiver.

Mon joli petit visiteur, je ne t'avais pas encore vu, mais toi qui surveilles de près ton territoire, tu m'avais déjà aperçue. Tu suis attentivement tous mes faits et gestes et du haut de ton perchoir tu auras vite fait de repérer quelques insectes à picorer. Maintenant que tu es de retour, je te vois me suivre dans tous mes travaux au jardin, posté à proximité de moi, tantôt sur la anse de l'arrosoir ou le manche de mon outil, tantôt perché sur une branche à mi-hauteur, tu es à l'affût. En cette saison, tu es en quête de nourriture et tu te révèles intrépide, peu farouche et même culotté.

Difficile de ne pas s'attacher à ce petit oiseau familier qui sautille à côté de moi. Et que tu es attendrissant avec la tête légèrement penchée pour observer : c'est à cause de tes yeux placés de telle manière que tu dois regarder de profil ou de côté dans l'axe de l’œil. Rondelet, petite boule de plumes au tablier oranger, tu ébouriffes ton plumage pour te préserver du froid, ça te donne l'air d'avoir un gros ventre.

Le rouge-gorge étant un oiseau très territorial, c'est très probablement toujours le même qui revient chaque année. Tu apprécies particulièrement les sous-bois ou les jardins arborés avec des buissons pour t'y cacher. Alors si le jardin est accueillant tu nicheras ici; et parfois dans des endroits surprenants : une vieille chaussure abandonnée, un tiroir, une caisse, un panier ou un pot que tu trouveras dans la cabane du jardinier. Sinon tu partiras rejoindre les sous-bois pour la période de nidification.

Quand bien même tu choisirais de rester au jardin, tu seras tellement discret que je ne te verrai guère plus. Avec deux nichées auxquelles les mâles participent activement : donner la becquée à la femelle qui garde le nid, puis aux petits jusqu'à ce qu'ils prennent leur envol, tu seras épuisé l'été venu. Ensuite tu feras ta mue, alors autant dire qu'à cette période tu restes la plupart du temps caché dans les feuillages pour ne pas te faire prendre par un prédateur. Tu te fais discret, tu ne chantes plus.

Et voilà que tu réapparais à l'automne, avec ton plumage tout neuf, que tu chantes à tue-tête pour défendre ton territoire. Tu te nourris de quelques baies, mais surtout d'insectes au sol en fouillant dans les feuilles : des fourmis, cloportes, scarabées, vers de terre ou larves en tout genre... C'est pour cette raison que tu aimes suivre le jardinier.

Cependant l'hiver peut t'être fatal : en l'espace d'une nuit tu perds 10% de ton poids, que tu dois combler le lendemain sous peine de dépérir. Alors, lorsque les conditions climatiques sont trop rudes, je t'aide avec des noix ou noisettes écrasées, des miettes de pain, des petits bouts de fruit ou de la margarine.

Et c'est avec grand plaisir mon joli cœur que je te retrouverai l'automne prochain.

Rédigé par emmanuelle

Publié dans #le nez en l'air