Publié le 25 Janvier 2017

En hiver, alors que la nature est au repos, le jardinier doit déjà préparer sa future saison. C'est le moment de faire le tri dans les graines stockées, de rêver devant les catalogues et commander ses semences et surtout de réaliser son plan de culture.

A première vue, un jardin de biodiversité où les cultures sont associées entre elles et se développent aux côtés de quelques herbes spontanées peut faire penser à un grand fouillis, voire semblé être à l'abandon. Et pourtant n'allez surtout pas imaginer qu'ici tout est laissé au hasard, il n'en est rien... au contraire le jardinier bio a réfléchi et travaillé à un plan de culture précis et renouvelé chaque année. Indispensable pour la pérennité du jardin et une bonne productivité, la rotation des cultures consiste à organiser la succession des plantes cultivées.

Les besoins nutritifs des plantes potagères sont différents suivant les familles botaniques et cultiver chaque année toujours au même endroit les mêmes plantes finirait par appauvrir le sol, au risque ensuite de voir se multiplier les insectes et maladies propres à la plante. Ainsi, les rotations des cultures s'organisent en fonction de leurs besoins spécifiques (en compost notamment) et faire se succéder des plantes variées dynamise la vitalité du sol. La succession de 2 voire 3 récoltes sur l'année ne se planifie pas au hasard. Le plan de culture permet de réfléchir à la meilleure implantation possible pour que les premiers légumes cultivés libèrent à temps l'espace pour une seconde récolte.

La réalisation d'un plan de culture mobilise donc les connaissances du jardinier sur les plantes qu'il souhaite voir pousser : à quelle famille botanique appartient ce légume ? quels sont ses besoins nutritifs? quelle est sa taille et quel espace occupera-t-il ? combien de graines ou de plants seront nécessaires ? à côté de quelle autre plante l'installer pour favoriser un bon voisinage ?

Il faut reconnaître que c'est un moment qui peut vite devenir un casse-tête pour le néophyte, surtout si en l'absence de trace écrite il faut en plus faire appel à sa mémoire ! C'est pour cela que je recommande un truc un peu ringard à l'air du numérique mais qui a fait ses preuves : CRAYON / PAPIER. La carnet du jardinier est l'outil qui le suit en toute saison. En pratique, l'idéal est de répartir le potager en parcelles, carrés, planches etc. - c'est selon la configuration du jardin - en les numérotant (ou en leur donnant un petit nom, chacun est libre). Il sera consigner pour chaque lot ainsi numéroté les dates de semis / plantations, les variétés potagères installées, les apports en compost ou extrait fermenté, les engrais verts semés, l'éventuel développement de maladie... C'est l'outil indispensable qui permet chaque année de réaliser son plan de culture. Ces données combinées avec des infos sur le climat et éventuellement le résultat des récoltes, font de ce carnet l'historique du jardin. Il peut servir à faire des comparaisons d'une année sur l'autre, comparaisons qui, accessoirement, permettent parfois de relativiser certains sentiments d'échecs.

Alors désorganisé mon potager bio ? non bien sûr, pour autant je ne vous laisserai pas penser que je suis rigide accrochée à mon plan de culture... je laisse toujours à l'oeuvre les processus naturels et la spontanéité végétale. Je ne vais tout de même pas arracher ce plant de tomate qui pousse tout seul au prétexte qu'il a décidé de sortir sur la parcelle réservée cette année aux poireaux !!

 

Rédigé par emmanuelle

Publié dans #la main verte