Articles avec #les pieds sur terre tag

Publié le 25 Mars 2017

Il y a le printemps du calendrier (le 20 mars) et le printemps du jardinier : le réveil de la nature qui annonce la reprise des travaux au jardin. La floraison jaune d'or du forsythia donne le signal des premiers semis. La nature se réveille, les premières fleurs parent le jardin de couleurs, par une belle journée ensoleillée les abeilles, les papillons sont de sortie. C'est là une période d'euphorie et de renouveau pour le jardinier, dans les starting block pour démarrer sa nouvelle saison.

L'observation des stades de développement des végétaux est un savoir qui remonte aux temps anciens, un savoir populaire emprunt de bon sens qui s'est transmis oralement de génération en génération. Aujourd'hui, nous consultons nos livres de jardinage ou les notices sur les emballages qui indiquent des dates approximatives pour les périodes de semis, de plantation, de traitement; mais cela reste peu précis. Car d'une région géographique à l'autre ou d'une année à l'autre, le rythme de la nature connait des variations. Et ce d'autant plus avec le changement climatique observé ces dernières années : printemps plus précoces, automnes plus tardifs.

Observer attentivement les stades de développement des végétaux, mais également des insectes, permet d'effectuer au moment propice les différents travaux au jardin : tailler ou traiter les fruitiers, démarrer les semis... Ainsi la floraison des lilas indique qu'il est temps de planter les pommes de terre, celle du muguet donne le signal de la plantation des dahlias. Cela s'appelle la phénologie, en fait il s'agit juste de vivre en harmonie avec la nature. Une illustration de plus du savoir-être du jardinier écologique.

Rédigé par emmanuelle

Publié dans #les pieds sur terre

Publié le 19 Août 2016

De l'eau pour les auxiliaires

Dans un jardin de biodiversité, on pense bien volontiers à accueillir les auxiliaires en installant des nichoirs, des abris à insectes, des haies ou des plantes sauvages. Offrir le gîte et le couvert, mais sans oublier l'eau ... indispensable surtout en été quand elle se fait rare.

Si vous avez la possibilité d'aménager une mare dans votre jardin c'est parfait, dans le cas contraire sachez que même de petits points d'eau peuvent convenir. Cela peut être différents types de récipients, des coupelles plus ou moins profondes dans lesquelles les oiseaux pourront à la fois se désaltérer et faire leur toilette, un demi-tonneau ou une vieille bassine en zinc conviennent très bien également. A vous de laisser votre créativité œuvrer !! Dans les récipients les plus profonds vous pourrez même placer une ou deux plantes aquatiques dans des pots surélevés sur une pierre. Préférez de l'eau de pluie et l'ombre pour vos points d'eau.

Enfin soyez attentifs à positionner des pierres ou de la mousse (même une serpillère fera très bien l'affaire mais c'est nettement moins esthétique) afin que vos invités viennent se poser sans risquer la noyade.

Publié le 29 Mai 2016

Un sureau pour un jardin accueillant

Il en va du sureau comme de l'ortie... vous savez ces plantes communes qui ont l'audace de pousser un peu partout toutes seules. Au mieux on les regarde à peine, mais le plus souvent elles sont purement et simplement supprimées car considérées comme indésirables. Le sureau, qui recèle de nombreuses qualités, mérite pourtant d'être présent dans tout jardin écologique.

  • Un arbuste attractif pour les auxiliaires

Le sureau est un petit arbre qui trouve sa place dans une haie champêtre aux côtés d'autres espèces locales comme le saule, le prunelier ou le charme. Une haie, voire un petit bosquet ou même quelques arbres isolés jouent un rôle majeur dans l'écosystème jardin.

Le sureau qui se couvre de feuilles très tôt au printemps est un arbuste hôte recherché par les insectes et surtout les papillons nocturnes dont les chenilles se nourrissent du feuillage. Les fleurs qui se développent en ombelles blanches à partir de mai attirent des abeilles, bourdons, cétoines, syrphes, papillons venus butiner le pollen. A la fin de l'été, ce sont les fruits qui font le régal des oiseaux (rouge-gorge, grive, merle, rouge-queue).

Plante nourricière, le sureau est également utile comme refuge pour les auxiliaires. Les oiseaux y trouveront de quoi faire leur nid. Les tiges à moelle du sureau seront quant à elles récupérées pour garnir votre hôtel à insectes et serviront de nichoir pour les abeilles et guêpes solitaires.

  • Un arbuste non moins utile pour le jardinier

Si vous observez bien, vous verrez des amas de pucerons agglutinés sur les tiges. Il s'agit d'un type de puceron spécifique du sureau. Ne paniquez pas ! Au contraire, c'est une réserve de nourriture propice à la venue des coccinelles et des syrphes, grandes dévoreuses de pucerons. Autant dire qu'un sureau dans le jardin, c'est l'assurance d'avoir à disposition une armée d'auxiliaires qui sera présente et prête à intervenir si besoin pour réduire le nombre de pucerons s'attaquant à vos rosiers ou vos légumes. Le sureau participe donc à rendre le jardin accueillant pour la biodiversité et favorise son bon fonctionnement écologique.

Arbuste nourricier pour la faune, sachez tout de même prélever votre part également ! Les baies sont un régal en gelée ou confiture. Les fleurs, très odorantes, vous permettront de faire de délicieuses limonades, du sirop ou du vin parfumé.

Plante médicinale connue depuis l'Antiquité, le sureau pourra s'avérer fort utile pour le jardinier car c'est un puissant répulsif. Les feuilles préparées en décoction sont un remède contre l'altiste, le puceron ou la noctuelle ou en extrait fermenté contre les taupes, mulots, campagnols.

Publié le 3 Février 2015

2015, année internationale des sols

Cette année, l'ONU a décidé de braquer ses projecteurs sur les sols en déclarant 2015, année internationale des sols. Il est urgent que les citoyens prennent effectivement conscience de l'état de dégradation de leurs sols sur l'ensemble de la planète et regardent leur environnement autrement.

Selon la FAO, 1/3 des sols dans le monde est dégradé et ce constat doit nous faire réagir car ce n'est pas le fruit du hasard, mais bien sous la pression de nos activités : bétonnage à tour de bras, agriculture industrielle avec son cortège de destructions liées à la sur-mécanisation, la monoculture à grande échelle ou l'usage intensif de produits chimiques. En terme d'artificialisation des sols, qui sait qu'entre 2006 et 2010 c'est en moyenne 78 000 ha qui disparaissent chaque année en France ? l'équivalent d'un potager de 25m2 par seconde !! Cela donne de quoi réfléchir non ?

Les constats sont alarmants et plus ou moins connus : perte de la biodiversité, destruction de la vie du sol, baisse de la biomasse et de la matière organique, érosion et salinisation des sols....

Alors oui, il est plus que temps de changer de vision et d'évoluer vers un système visant à régénérer les sols et à rétablir les grands équilibres biologiques naturels. Et pouvoir avoir la satisfaction de se dire que nos enfants hériteront de sols sains pour une production alimentaire saine, de sols dynamiques dans des écosystèmes stables, capables de réagir en cas de sécheresse ou d'inondation. Sans cette fine couche de terre fertile qui couvre la planète, que serions-nous ?

Nous pouvons chacun à l'échelle de notre jardin cultiver notre potager dans le respect de la vie du sol. L'observation directe, l'attention que nous portons à notre carré de culture, la reconnexion avec la nature, nous ouvriront les yeux sur les paysages qui nous entourent.

Qui sait, peut-être qu'ensuite le ver de terre, acteur essentiel d'un sol vivant, sera à son tour mis à l'honneur !

Publié le 1 Décembre 2014

Que faire des feuilles mortes ?

En cette saison, les feuilles se ramassent par brassées, mais que faire de ces tas de feuilles mortes qui s'amoncellent ? les brûler, les porter à la déchetterie ? N'y pensez pas... car c'est de l'or. Brûler ou jeter les feuilles mortes est une aberration lorsqu'on connait les bénéfices que l'on peut en tirer ! Valorisées sous forme de compost, terreau ou paillis, elles ont bien des qualités pour le jardinier.

Etalées sur les planches non cultivées du potager, elles constituent un tapis protecteur pour le sol laissé nu. Elles servent aussi d'abri pour les insectes auxiliaires et de litière nutritive pour les êtres vivants du sol. Au printemps, il ne restera que quelques débris, car les vers de terre et les micro-organismes auront fait leur travail, et la terre sera riche de cet humus incomparable. Il suffira alors de ratisser ce qui reste pour que la terre se réchauffe avec les premiers rayons de soleil.

Les feuilles peuvent être déposées au pied des plantes vivaces ou sur les lignes de légumes d'hiver (poireaux, carottes, panais...), elles vont protéger le sol contre le gel et faciliteront la récolte hivernale.

Les feuilles des arbres fruitiers sont idéales car elles se décomposent très rapidement. Au verger, il est d'ailleurs préférable de ramasser les feuilles pour éviter l'éventuelle propagation de certaines maladies. S'il y a maladie, cela ne doit pas vous faire peur, car les maladies sont généralement spécifiques à chaque variété. Aussi par exemple les feuilles du pommier atteint de tavelure ne représentent aucun risque pour les légumes du potager.

Après avoir paillé les cultures du jardin, les feuilles restantes seront destinées au compost. C'est une précieuse matière première. Un tas de feuilles stockées est toujours utile au cours de l'année pour rééquilibrer le compost en matière carbonée. D'ailleurs à ce sujet, il est intéressant de profiter de la dernière tonte de l'année pour ramasser les feuilles avec la tondeuse, cela fait un mélange bien équilibré (azote/carbone) pour le compost. Il est aussi possible de faire un excellent terreau de feuilles : en utilisant un grillage en guise de container pour stocker les feuilles, et au bout de quelques temps (1 à 3 ans suivant le volume) il n'y aura plus qu'à se servir.

Alors recyclons les feuilles d'automne et produisons de l'humus.

Rédigé par emmanuelle

Publié dans #les pieds sur terre

Publié le 2 Novembre 2014

Le tournesol

Voici venu l'automne, les tournesols qui ont illuminé le jardin cet été font maintenant triste mine. Mais surtout gardez-les encore, car ils représentent une source alimentaire pour les mésanges.

  • Du soleil dans le jardin

Le tournesol est originaire du continent américain et appartient à la famille des Astéracées. C'est une plante facile à cultiver. Les semis se réalisent dès fin avril jusqu'à la mi-mai directement en pleine terre. Cependant pour éviter qu'ils ne se fassent dévorer par les limaces ou escargots de passage, vous pouvez aussi les faire grandir en godet et les repiquer ensuite.

Ils se plaisent dans tout type de sol, avec une préférence toutefois pour les sols calcaires. Les tournesols aiment les sols frais, il faut donc les arroser pour favoriser l'enracinement, puis pailler avec de la tonte de gazon ou du broyat de branche.

Il va sans dire qu'il leur faut un emplacement ensoleillé. Au fait, contrairement à une idée reçue, la fleur ne suit pas la course du soleil, elle reste orientée dans sa direction (est/sud-est). Il est conseillé de les tuteurer pour éviter qu'ils ne se couchent avec le vent ou de ramener la terre au pied en monticule.

Dans un jardin potager de cultures associées, le tournesol est un excellent compagnon pour les haricots grimpants, les concombres ou cornichons, les ipomées pour lesquels il fera un bon tuteur. Plantés en rangée, ils peuvent constituer une barrière végétale qui offre de l'ombre si besoin.

Il existe une grande variété de tournesols tout aussi décoratifs les uns que les autres : qu'ils soient nains (1m) ou géants (+ 4m de haut), à fleurs simples, doubles ou en forme de pompons. Le choix est offert aussi quant aux couleurs : les tons varient du jaune or aux tons rouille ou soufre.

  • Le soleil des auxiliaires

Le tournesol, dont la floraison s'étale de juillet aux gelées, est une plante utile aux auxiliaires. Très mellifère, la fleur attire les pollinisateurs. A partir de fin septembre/début octobre, ce sont les mésanges qui en récoltent les graines.

Si vous voulez attirer durablement la faune auxiliaire, évitez de faire le grand nettoyage d'automne. Certes les récoltes sont passées, la végétation fanée n'est pas très esthétique, mais laissez sur pied le maximum de plantes, c'est une source de refuge et d'alimentation pour les auxiliaires. Trop de jardins deviennent des déserts biologiques en cette saison !

Sinon, vous pouvez aussi couper les têtes de tournesol fanées et laisser mûrir les graines que vous donnerez ensuite aux oiseaux. Il faut savoir que le tournesol a la capacité de nettoyer les sols pollués (il est utilisé par ex. pour la décontamination radioactive). La plante extrait du sol les polluants, mais ceux-ci sont stockés dans la plante et les graines. Aussi pour aider les oiseaux à passer l'hiver, je vous conseille de remplacer les graines de tournesols achetées dans le commerce, dont on ne sait pas vraiment ce qu'elles contiennent, et de leur servir plutôt les graines de tournesol de votre jardin, bio bien sûr !!

Rédigé par emmanuelle

Publié dans #les pieds sur terre

Publié le 1 Mars 2014

L'utilité des insectes auxiliaires comme alternative naturelle aux traitements phytosanitaires fait son chemin et aiguise l'appétit de quelques entreprises et jardineries qui nous proposent d'acheter des lots d'insectes alliés et autres abris multi-insectes.

Les catalogues nous vantent les bienfaits de la lutte biologique et déclinent leur gamme : kit pour élevage de coccinelles, paquets de nématodes par million, flacon d'acariens, armée de vers de terre... la belle affaire ! Pourtant ne vaut-il mieux pas tout simplement adopter des pratiques de jardinage respectueuses de la vie du sol et favoriser les auxiliaires déjà présents au jardin ?

Dès qu'on décide d'introduire arbitrairement une armée d'auxiliaires dans un environnement donné, c'est prendre le risque d'en bouleverser l'équilibre. A l'image des coccinelles importées de Chine et introduites à la fin des années 80 pour la lutte biologique en horticulture et en culture sous serre. Aujourd'hui on constate les dégâts écologiques de cette fausse-bonne idée. La coccinelle asiatique s'est largement implantée, plus précoce et plus vorace que la coccinelle européenne, elle la met directement en danger. Au point que notre fameuse bête à bon dieu soit en déclin !

Alors mieux vaut favoriser l'implantation des insectes auxiliaires dans son jardin; et n'est-il pas plus sympa de fabriquer soi-même des abris, qui seront uniques et originaux, plutôt que d'acheter des abris standards. Installer des abris n'est pas compliqué et peut même être ludique. Il suffit de glaner la matière première dans la nature et de laisser libre cours à son imagination et sa créativité.

En Mars, la nature se réveille. Les insectes vont faire leur apparition dans nos jardins, c'est le moment de leur proposer de quoi se nourrir et nicher. Gardons les pieds sur terre, inutile d'aller remplir notre caddie en jardinerie, mais pratiquons un jardinage écologique favorable à la vie des auxiliaires et au maintien d'un écosystème équilibré et dynamique. Misons sur la fonctionnalité d'un jardin riche en biodiversité.

Une vieille souche aménagée pour les insectes pollinisateurs, un tressage de saule garni de foin, un pot cassé recyclé avec de la paille
Une vieille souche aménagée pour les insectes pollinisateurs, un tressage de saule garni de foin, un pot cassé recyclé avec de la pailleUne vieille souche aménagée pour les insectes pollinisateurs, un tressage de saule garni de foin, un pot cassé recyclé avec de la paille

Une vieille souche aménagée pour les insectes pollinisateurs, un tressage de saule garni de foin, un pot cassé recyclé avec de la paille

Rédigé par emmanuelle

Publié dans #les pieds sur terre

Publié le 8 Février 2014

Accueillir les abeilles solitaires au jardin

Le constat alarmant de l'article précédent ne doit pas nous faire baisser les bras : certes le modèle agricole dominant mariant monoculture et pesticides représente un véritable fléau pour les abeilles et autres pollinisateurs, mais que cela ne nous empêche pas de réagir à notre niveau pour éviter leur déclin.

Faisons de nos jardins des havres de paix et de biodiversité ! Offrons leur le gîte et le couvert

Pensons à laisser ou à aménager des espaces "sauvages": sachez que les fleurs sauvages telles que centaurée, achillée millefeuille, tanaisie, grande marguerite... qui poussent toutes seules sont plus appréciées des insectes que la belle grosse fleur achetée dans le commerce. Laissons aussi fleurir quelques légumes : carotte, poireau, persil... Préférons la haie champêtre constituée d'essences variées et rustiques au "béton vert" de thuya. Pensons aussi à la rotation des cultures et à l'intégration d'engrais verts comme la phacélie, la moutarde blanche ou le sainfoin qui attirent de nombreux insectes. Enfin, il est aussi utile de penser à aménager quelques points d'eau, en prenant soin que les abeilles s'y abreuvent sans se noyer.

Pour les aider à nicher c'est également très simple et il n'est pas forcément nécessaire d'acheter des hôtels à insectes vendus (horriblement chers à mon avis) en jardinerie. On peut installer des nichoirs avec très peu de moyens en recyclant la matière première du jardin.

La plupart des abeilles sauvages ont des modes de vie solitaire et construisent des nids individuels. Il faut juste savoir que suivant les espèces, il existe différents types de construction : l'abeille charpentière creuse une galerie dans du bois mort, l'abeille "fouisseuse" creuse dans le sol (sable, argile), l'abeille "tapissière" utilise des végétaux (mousse, feuille) pour garnir les cloisons de son nid.

En règle générale, il faut une galerie dans laquelle l'abeille construit des cellules. Elle remplit chaque cellule de miel ou de pollen, puis y pond un oeuf, chaque cellule est ensuite refermée par un bouchon de terre, de résine ou de feuille. A chacune ses habitudes et c'est en diversifiant les nichoirs que vous allez accueillir un maximum de pollinisateurs.

Pour proposer des nichoirs aux abeilles et guêpes sauvages on peut confectionner différents fagots de tiges : tiges creuses (roseau, ombellifère, bambou...), tiges à moelle (ronce, sureau, rosier...) ou percer des bûchettes de trous de diamètres différents (2 mm à 10 mm). Si vous êtes un peu bricoleur, il n'est pas difficile de construire un hôtel à insectes dans lequel chaque casier sera aménagé comme autant de lieux de vie possibles.

Il est encore temps de fabriquer des nichoirs qui seront placés dès la sortie de l'hiver, à l'abri des pluies et vents dominants et orientés est/sud-est.

Ensuite, reste à observer... les premières abeilles à apparaître sont les osmies, reconnaissables à leur petit corps trapu poilu noir et roux. Même devant une multitude de trous, il est fascinant de voir avec quelle facilité chacune sait retrouver son nid avec précision.

C'est à la portée de tous d'aider les pollinisateurs à trouver gîte et couvert dans le jardin.

Publié le 28 Décembre 2013

En cette période de l'année, le jardinier commence à préparer et à planifier la saison à venir en consultant les catalogues pour acheter ses graines; c'est aussi le bon moment pour s'informer sur les semences paysannes.

Sont appelées semences paysannes, ou fermières, les semences sélectionnées et reproduites par les paysans dans leurs pratiques quotidiennes par des méthodes naturelles de sélection. Elles se différencient des semences industrielles, ou variétés commerciales "dites à hauts rendements", standardisées et non reproductibles. Les semences paysannes représentent un immense réservoir de diversité génétique, adaptable au terroir, aux variations climatiques, aux pratiques culturales... et participent à la biodiversité cultivée.

Semer, récolter, puis conserver une partie de la récolte pour ressemer l'année suivante, ce geste ancestral paraît aller de soi... et pourtant... la réglementation en vigueur encadrant la commercialisation (catalogue officiel) et la propriété industrielle (certificat d'obtention végétale, brevet sur les gènes etc.) menace ces droits fondamentaux des agriculteurs.

Pour qui souhaite se tenir informé et comprendre les enjeux, je recommande le site du collectif "Semons la biodiversité". Actif sur le terrain, ce collectif met en avant 10 mesures pour que vivent les semences paysannes :

  • la reconnaissance du rôle des agriculteurs et des jardiniers dans la préservation, la conservation et le renouvellement de la biodiversité cultivée
  • le droit des agriculteurs à conserver, ressemer et à échanger leurs semences
  • un assouplissement des normes d'enregistrement au catalogue officiel pour la commercialisation des semences.

A voir aussi, un petit film d'animation, 5 minutes de pédagogie sur cette problématique, proposé sur le site "Le droit de semer".

On est bien d'accord pour considérer que les graines sont vivantes, non ? alors d'après vous les congeler pour les conserver ou les conserver en les cultivant : est-ce vraiment la même chose ? N'y a-t-il pas qu'en terre qu'elles pourront co-évoluer avec leur environnement comme elles l'ont toujours fait depuis des millénaires.

Il est indispensable de garder les pieds sur terre et de comprendre qu'ici se dessine l'avenir du vivant et de notre alimentation accessoirement.

Le droit de semer

Publié le 15 Novembre 2013

Jardiner avec les mycorhizes

Sous terre, à l'abri de nos regards, se nouent des relations entre végétaux et micro-organismes, des processus naturels le plus souvent inconnus des jardiniers. Parmi les différents mécanismes biologiques du sol : il faut tenir compte des mycorhizes.

  • L'histoire d'une relation symbiotique

Les mycorhizes sont des champignons qui ont co-évolué avec les plantes depuis + de 500 millions d'années. De cette co-évolution est née une association à double sens : ils sont dépendants l'un de l'autre. Les plantes, seules capables de photosynthèse, apportent des sucres nécessaires aux mycorhizes, en échange de quoi ceux-ci leur mettent à disposition des éléments nutritifs indispensables. Cette symbiose paraît simple : "je te nourris, tu me nourris", en réalité elle est encore plus avantageuse pour les plantes.

Il existe plusieurs familles de mycorhizes, parmi lesquelles nous connaissons bien les cèpes, les truffes etc. Mais au jardin, c'est la famille des endomycorhizes qui nous intéresse particulièrement.

Cette catégorie de champignon s'associe aux végétaux sous forme de filaments présents dans le sol et à l'intérieur même des racines. Et la plupart des plantes potagères, aromatiques, ornementales et arbres fruitiers mycorhizent.

Précisément en quoi consiste cette relation symbiotique ?

D'abord, la présence de nombreux filaments mycéliens augmente les surfaces de contact des racines avec le sol et par conséquence accroît leur capacité à extraire les éléments nutritifs. Les mycorhizes aident donc la plante à capter les ressources du sol pour une meilleure absorption de l'eau et des minéraux (particulièrement le phosphore et l'azote). Les mycorhizes, qui ont la faculté d'aller s'étendre d'une plante à l'autre, facilitent aussi les échanges entre les plantes elles-mêmes (notamment les échanges d'eau). Plus encore, ils les protègent d'un certain nombre d'agressions (ex. certaines maladies fongiques)

Clairement, cette association présente pour le jardinier l'avantage d'avoir des plantes en pleine forme ! meilleure qualité nutritive, meilleure croissance, meilleure résistance à la sécheresse

  • Préserver les mycorhizes pour un sol fertile

Avoir une approche agro-écologique permet au jardinier de bénéficier des avantages de cette symbiose. Pour cela, il convient d'éviter de les détruire et maintenir un sol vivant.

Comme beaucoup de micro-organismes présents dans le sol, les mycorhizes ne supportent pas les pesticides et fongicides (même la bouillie bordelaise), ni les abus de fertilisation azotée ou phosphatée. Un travail du sol respectueux et qui ne bouleverse pas les interrelations plantes/champignons est plutôt pour leur convenir. Maintenir la plus grande biodiversité cultivée possible (y compris en tolérant la présence d'adventices) sera bénéfique car quelques plantes comme celles appartenant aux familles botaniques des Chénopodiaciées et Brassicacées n'attirent pas les mycorhizes, il faudra donc les associer à d'autres familles botaniques.

Voilà, vous connaissiez les vers de terre, sachez maintenant considérer les mycorhizes comme des auxiliaires et adoptez des techniques culturales qui préservent le potentiel micro-biologique du sol. Laissez vos plantes mychorhizer en paix !